bosep | 02 mai, 2006 06:40
Avec l'affaire Clearstream, la gauche s'en est donné à coeur joie durant tout le week-end . Elle en a appelé à Jacques Chirac pour qu'il prenne ses responsabilités. «C'est une sorte de Watergate à la française», a estimé Dominique Strauss-Kahn (PS), dimanche sur TF1, en s'en prenant au «trio infernal qui abîme le pays». En déplacement dans le Pas-de-Calais, Ségolène Royal a plaidé pour «un retour aux valeurs morales au plus haut sommet de l'Etat» : «Le pouvoir est une corruption lorsqu'il ne sait plus à quel titre il est exercé.». Fille et soeur d'officier, elle a pris la défense du général Rondot, «un grand serviteur de l'Etat à la droiture réputée, dont l'honneur est scandaleusement mis en cause par des mensonges d'Etat au plus haut niveau».
Pour François Hollande, «l'actuel gouvernement est en train d'expirer» et le «règne» de Jacques Chirac «finit dans l'agonie». «Il faut qu'il y ait une initiative du président de la République», a demandé le premier secrétaire du PS. «Le président de la République est directement interpellé, car c'est l'autorité de l'Etat qui est en cause. Quant au Premier ministre, il est complètement décrédibilisé.» «Voilà ce qui arrive quand on utilise des lettres anonymes, comme sous le régime de Vichy», s'est indigné de son côté le sénateur Michel Charasse
La gauche a également posé la question de la démission de Villepin. «Peut-être [Jacques Chirac]doit-il se séparer tout de suite de son Premier ministre. Peut-être doit-il envisager de nouvelles échéances électorales ?», s'est interrogé Julien Dray, le porte-parole du PS, lors du Grand Rendez-vous d'Europe1-TV5 Monde-le Parisien. Sur Radio J, Henri Emmanuelli a été plus catégorique. Pour le député PS des Landes, «il n'est pas possible que le Premier ministre reste en fonction [...]. Le président de la République devrait prendre ses responsabilités, agir vite et nommer un nouveau gouvernement». Avec quel Premier ministre ? Pour le leader de l'aile gauche du PS, la tradition est de «nommer le responsable du parti majoritaire», à savoir Nicolas Sarkozy. Quant à Arnaud Montebourg, il a réclamé sur RTL, des «élections législatives anticipées», expliquant qu'«on ne pourra pas durer encore un an comme ça».
De son côté, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a estimé hier sur France 2 qu'il y avait «des hommes qui sont devenus dangereux à la tête de l'Etat» et que l'affaire Clearstream constituait «une crise de régime très grave».
par Jean-Dominique MERCHET pour LIBERATION du 2 mai 2006
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